Oui C’est Françoise #1

Oui C’est Françoise #1

Artiste, coach, coach artiste ou artiste pédagogue… That is the question ?
Vous le savez surement, la création artistique est au cœur de toutes mes activités, alors depuis quelques temps je me dis :

Oui C’est Françoise #2

Oui C’est Françoise #1

Artiste, coach, coach artiste ou artiste pédagogue… That is the question ?
Vous le savez surement, la création artistique est au cœur de toutes mes activités, alors depuis quelques temps je me dis :

2. La Scène : l’art de la vie

Et si on commençait par la fin ? Comme un film basé sur les flashback !
Comme vous, je n’ai eu envie que de prendre le large, prendre l’air, saisir l’inspiration, mettre mon corps dans l’eau et mon esprit au repos.
Le temps des vacances… Le temps des copains et de l’aventure comme chante Françoise Hardy.
Alors, pendant l’écriture estivale de mon second article, je me voyais mal commencer ce chapitre 2 en sortant ma boîte à outils de coach, un cours magistral,  le B A BA du mot et de l’articulation … j’ai préféré une rentrée en douceur encore empreinte de nos impressions récentes.
L’été, c’est aussi le royaume de la musique en plein air. Vous avez probablement assisté à des concerts, vous étiez sur scène, en tournée ou vous prépareriez vos performances de la rentrée.
Alors comme ça, l’air de rien je me suis dit que LA SCENE ce serait pas mal ça pour débuter cette saison, avec tant de matière à explorer, qu’une petite mise en bouche pourrait être ludique et qui sait, faire naître des envies d’aller voir là ou vous n’êtes pas encore allés.

LA SCENE ça se pose là comme fil conducteur (électrique souvent d’ailleurs… 😊) avec créativité, émotion, interprétation, ce sera sans doute un des mots que j’écrirai probablement le plus dans ce blog.

Alors pour moi au juste c’est quoi La SCENE ?

Être sur scène… ÊTRE SUR UNE SCENE. Après un certain nombre d’années de pratique comme artiste et coach scénique et d’interprétation, j’ai concocté quelques petites maximes dont celle ci :

La scène c’est redonner au vivant ce qui appartient au vivant. Et toc ! 

Évidemment c’est de la musique, du théâtre de la danse etc… De l’art au mieux,  du divertissement au moins.

Mais tout doit être vivant, corps, visage, pensées, communication, expression, émotions au moins autant que dans la vie ou plus encore puisque sur scène tout est amplifié.

Ça tombe sous le sens, n’est ce pas ? Oui, mais en réalité, est ce que pour vous c’est aussi vivant que ça en a l’air ? Peut être que c’est un vivant qui essaie de nous faire croire en la vie mais qui ne la vit pas… Pas complètement, pas vraiment…Je vous ai perdu en route ? 😓

C’est simple, reprenons : on l’appelle LE SPECTACLE VIVANT.  Ce n’est pas rien ce mot là !  La scène en fait, c’est vous, votre projet, EN MIEUX, en plus travaillé. Une huile essentielle de vous même et de votre propos, et vous vous êtes vivant !

Alors du coup, ça peut mettre la tête à l’envers, le sourire aux lèvres, le feu aux planches petites ou grandes.

Donc ÊTRE sur scène cela peut paraitre facile en tout cas très accessible puisque tant de gens y montent pour s’exprimer. Je dis ça j’ai quand même déjà vu des musiciens monter sur scène en short dégueu et portable allumé dans la poche ! (…) WTF ?? 😵

Moi, j’ai commencé mon parcours au théâtre et c’est vrai que l’on m’a transmis l’amour de la scène, son respect profond et peut être que dans la musique parfois cette dimension existe moins. Mais pour moi monter sur une scène est un acte fort, précieux. Un acte Extra Ordinaire.  

La scène est un espace sacré ET profane

C’est un lieu d’expression qui se travaille dans la dentelle mais pas exclusivement musicalement. 

Alors bonne nouvelle, il y aura quelque chose de rassurant dans le travail de détails, justement, des tâches à accomplir, des règles à respecter, un cadre à inventer pour soi, pour les oeuvres, pour se dépasser, pour être encore plus libre, pour que les oeuvres fassent ce qu’elles doivent faire. Comme des flèches en plein coeur d’une cible. 💘

Être sur scène, ça peut être tellement magnifique, tellement vaste. Un espace temps à part entière, infini grand et petit.

La scène c’est en fait toute une géographie, un écosystème, un pays.

Alors il faut des aventuriers bien préparés pour conquérir ce territoire, il faut de l’audace, de la persévérance, du talent et beaucoup beaucoup de travail, de la réflexion, de la spontanéité, de la joie, de l’humilité et de la constance.  Rien que ça !

Accepter que cela contient aussi une part fort peu agréable, âpre, difficile.

Accepter le fait qu’être sur scène requiert une densité, une intensité une authenticité inébranlable à chaque instant mais dans la plus grande décontraction. Comme un acrobate ou un prestidigitateur. Au delà de la technique et la maîtrise du geste : retrouver la liberté.

Alors bon si le bassiste regarde ses pompes pendant tout le concert… si le chanteur a le regard fuyant ou qu’il n’articule pas les mots qu’il chante parce qu’il ne les assume pas tout à fait… si le guitariste bouge dans tous les sens pour s’auto-alimenter en énergie en ne regardant ni ses potes ni le public… ou si le batteur a la tête dans les fûts 🙂 … etc etc, quelque chose ne marchera pas vraiment, pas sur le long terme.

Oui c’est vrai, ce sont des exemples un peu clichés, il y a en tellement d’autres, mais justement ce sont des clichés parce que je les retrouve bien souvent en coaching. Trop dans La forme, mais rarement assez de fond.  

Alors, le voilà le grand enjeu, le grand jeu. Sur scène on devient interprète, même si ce sont nos propres œuvres. Ce sont elles qui mènent la danse . les interprètes doivent réinventer en temps réel les histoires qu’ils racontent et pas seulement se laisser bercer par la mécanique bien huilée des répétitions musicales, ni trop se laisser entraîner par l’énergie de l’adrénaline au risque d’être fake ou dispersés. 

Se produire sur scène, c’est quelque chose de très complexe en vérité. Cela demande beaucoup de technicité . 

☝️ ALLEZ, PETIT RÉCAPITULATIF

carnet
fiche récap'

Petit récapitulatif des indispensables à maitriser avant de travailler la scène :

  • Maitrise de l'instrument souhaitable pour certains INDISPENSABLE pour moi.
  • Gestion de la technique personnelle : justesse, sons, nuances, pédaliers, effets, changement d'instruments ou de son, accordage, micro, technique vocale, prononciation, gestion d'énergie, relation au corps.
  • Gestion de la circulation de la musique en groupe regard, complicité, communication non verbale, clarté et propagation du propos, gestion de l'énergie etc etc...
  • Restitution de l'oeuvre : interprétation, émotion, adresse individuelle et collective, nuance...
  • Musicalité : technique personnelle, jouage en groupe, aisance instrumentale, espace d'improvisation...
  • Communication : entre les membres du groupes, avec les techiciens, les organisateurs, le PUBLIC.
  • Ordre du set : prise de parole entre morceaux, introduction, dramaturgie, harmonie ou disharmonie.
  • Sans parler de l'organisation du concert et de la production logistique (merchandising, communication, organisation de groupe et d'événements...)

Pfffffiou alors oui déjà bravo 👏👏👏 car si vous avez déjà investi cette scène de tous les dangers et de tous les bonheurs, vous accomplissez tout cela en partie et au moins assez bien pour pouvoir le faire en public  🎭. Et c’est quand même incroyable, non ?? Et c’est beaucoup de temps n’est ce pas ? Une grande partie de votre vie sûrement. 

Alors, voilà le deal : sur 100 % d’énergie de votre stock personnel, au vue de tout ce j’ai énuméré ci dessus, vous n’avez qu’un but, celui de garder le plus d’énergie et d’attention possible sur votre spectacle vivant… Pas sur ce que pense de vous le 1er rang ou les personnes qui discutent au fond de la salle, ou le programmateur qui est venu vous découvrir. Evidemment c’est important d’être conscient de tout cela, mais ces pensées ne doivent pas vous parasiter, sinon le regard de l’autre prendra le pas sur votre propos, vous entraînant vers le stress, le doute, l’erreur et la perte de confiance. 

En scène on ne répète plus, on hésite plus, on transcende .

Et pour cela le maître mot : La concentration. 

Au théâtre c’est un cézame. En musique cela parait plus complexe et c’est souvent juste un manque de savoir faire. Se concentrer oui ok, mais sur quoi devez vous vous concentrer ? C’est bien là la question.

Au delà de tous les aspects techniques musicaux, votre concentration doit se focaliser sur le propos, l’ambiance, les émotions, le texte, la vibe, essayer de transmettre votre histoire comme si vous la racontiez au présent, en imaginant tout ce dont elle est composée et en le visualisant. En tant que spectatrice je ne veux pas voir la technique, cela reviendrait à voir un chef faire son marché à Rungis, moi je veux déguster le plat et j’espère toujours de tout mon ❤ qu’il sera bon.

Oui les spectateurs ont tous envie, même les plus blasés croyez moi, de se retrouver cueillis littéralement par la force d’un artiste, par sa présence et la qualité d’un spectacle. 

Alors je reviens à une autre de mes maximes :

La musique à entendre n’est pas la musique à voir !

La musique à voir elle doit se voir, se percevoir, s’entrevoir, jamais décevoir

Cela semble évident, et pourtant le nombre de musiciens que j’ai accompagné et qui le plus souvent par timidité, pudeur ou insécurité, n’assument pas entièrement, totalement le fait d’être sur scène, leur décision d’y être leur propos, c’est fou !

Car oui pratiquer et créer de la musique c’est vraiment cool, mais la restituer en public, en hauteur et amplifié, ça c’est vraiment autre chose. C’est un sacré enjeu. Oser avoir le culot de s’exprimer artistiquement ce n’est pas rien mais ce n’est pas tout car vous n’êtes pas le personnage le plus important, votre oeuvre l’est.  Il est donc nécessaire de remettre au centre le plus important : VOTRE  SPECTACLE.

Les gens y compris vos amis qui ont fait un effort pour venir le voir, même quand il fait froid ❄ ☀ou très chaud même quand c’est tôt, c’est tard ou c’est loin 🚀… En plus, parfois même, ils paient pour écouter votre  musique 💝 pour l’acheter, pour passer la soirée avec vous et votre création. Ça vaut bien de se fouler un peu et pas seulement là où vous êtes à l’aise, là où vous vous faîtes plaisir…

Respecter le public. respecter vos oeuvres implique de les transmettre dans le vivant, sincèrement, généreusement. Et cela, c’est, au delà de la technicité de l’instrumentiste et du chanteur, le plus complexe et le plus enivrant. C’est ça l’interprétation. ☝️ 

ÊTRE sur scène libre, comme un artiste, c’est un vrai métier parfois ingrat de constance et de longue haleine. Ce sera votre part de montagne à gravir en tongs, mais une fois là haut : quelle vue !

C’est drôle car au moment même où j’écris ces mots, face à l’ordinateur, je suis aussi en train de faire ce même effort, celui de formuler au mieux ma pensée pour qu’elle parvienne au plus grand nombre, pour qu’elle fasse ce qu’elle a à faire. Pour que je fasse ce que je dois faire. Et ce n’est pas plus facile qu’être sur scène et d’assumer d’y être. En fait il s’agit de s’exprimer.

L’acte créatif implique de pensez et assumer ce que vous dîtes , à qui vous le dites , pourquoi vous le dîtes et comment vous le dîtes. 

Être dans la pleine conscience de nos actes artistiques permet aux oeuvres de parler au plus grand nombre… N’essayez même pas d’esquiver sur long terme : pas d’échappatoire ici.

 

La scène on y est vu, entendu, on la voulue, on l’a eue.
Alors il  faut être au niveau !  A son niveau à elle en dépassant le nôtre. Comme un sportif de haut niveau.

«Quand je sens qu’ils m’écoutent et que je les tiens corps et âmes, aucun risque que je fasse une fausse note.
Je deviens exactement ce que je suis censé être depuis que je suis né.
Je n’ai plus peur de rien.
»

Extrait du film Bohémian RAPSODY
Biopic Freddie Mercury / QUEEN

☝️ JE RÉCAPITULE :

La scène et l’interprétation, c’est l’art de projeter les sentiments, l’art de l’émotionnel. C’est aussi l’art du contraste et celui de la nuance. 
Pour cela il vous faudra définir :

Ce que je veux dire, pourquoi je veux le dire, comment je veux le dire, à qui je veux le dire

LA SCENE C’est l’art de la vie et c’est le soi augmenté 💗.

La scène c’est être préparé au meilleur et prendre des risques calculés.
L’art de la scène, c’est la magie de rendre simple ce qui ne l’est pas.
Un espace où l’artiste a le droit d’avoir tous les droits d’expression mais le devoir d’y réfléchir.
Exprimer sa vision et sa direction artistique. 
Une fois que cela est posé, est ce que vous y voyez plus clair ? Voici quelques questions pour aller plus loin dans votre réfléxion.

☝️ TRAVAUX PRATIQUES

A CONSOMMER SUR PLACE OU A EMPORTER

carnet
La scène c’est donc pour moi le SOI AUGMENTE alors si vous n’êtes pas au moins tout ce que vous êtes dans la vie, sur scène… Demandez vous pourquoi votre personnalité ne s’exprime pas dans toute son envergure. Par exemple : Si dans la vie vous êtes plus décontracté, pourquoi ne le seriez vous pas en scène ? Si vous êtes drôle et pas trop timide, pourquoi ne le seriez vous pas sur scène ?

  • Qu’est ce qui vous empêche d'être totalement vous même ?
  • Y avez vous assez réfléchi ? Travaillé ?
  • Avez vous assez exploré les oeuvres, les textes avec tous les musiciens  ?
  • Est ce que vous sauriez comment vous y prendre ?
  • Prenez vous le temps de travailler autre chose que des filages musicaux avant un concert ?
  • Qu’aimeriez vous avoir le temps de travailler au niveau de l’artistique pour parfaire votre prestation scénique ?
  • Quels sont les choses que l’on vous dit régulièrement après vos concerts ? Les bonnes et les moins bonnes ?
  • Avez vous des difficultés techniques ?
  • Et si oui avez vous des solutions pour y remédier ?
  • Qu’attendez vous pour le faire 😉 ?
    (Et si vous répondez je n’ai pas les moyens vous savez bien que ce n’est pas vrai. vous aurez toujours les moyens de vous acheter un smartphone ou un ordinateur ou une pédale d'effet 🙂 ...
  • Et Bonus Spécial chanteurs: Etes vous surs que le spectateur comprend TOUS les mots que vous chantez sans faire d’effort 😏 ? Êtes vous sûrs de bien bien articuler...?
  • Et  C’est quoi la scène pour vous ?
  • Quel est votre plus grand challenge en scène ?  Votre plus grande force ? Votre vulnérabilité ?
  • Comment vous préparez vous à un concert ? Musicalement, Physiquement, Mentalement ?
  • Est ce que cela est difficile avant, pendant, après ?
  • Est ce qu’il y a des choses qui vous échappent que vous ne savez pas gérer ?
  • Comment ça marche vos émotions, sont elles débordantes ou étouffées ? Savez vous toujours les convoquer lorsque vous en avez besoin pour votre interprétation ?
  • Concernant votre regard et votre propos est ce que vous assumez vraiment ce que vous dîtes quand vous vous adressez aux gens ?
  • Quels sont les moments que vous préférez en scène ?
  • Voici une baguette magique : vous pourriez changer quelque chose dans votre attitude, votre jeu, votre présence, vous changeriez quoi sur scène ?
  • Quel est le plus beau compliment que l'on pourrait vous faire ?

Toutes ces questions ne sont que l’infime partie émergée de l’iceberg, qui conduira à un travail plus complet, plus intense et une meilleure prestation.

C’est pour apporter un peu de matière à vos réflexions créatives parce qu’y réfléchir c’est déjà se donner des éléments de réponses.

☝️C’est y mettre de la conscience. 

Et puis un des points le plus important ma cerise 🍒 sur votre gâteau de la rentrée.

Au fait : c’est quoi votre rêve de spectacle ?

Fermez les yeux, et si, hypothétiquement, vous pouviez vous trouver dans la salle et que vous voyiez jouer votre propre groupe… Que voudriez vous voir ? Quelles sensations voudriez vous avoir ?

Posez vous dans un coin tranquille et écrivez le ce rêve, sans vous demander comment vous pourrez faire pour l’atteindre. Soyez audacieux et créatifs, que ce soit un rêve qui implique des prouesses techniques, instrumentales ou vocales que vous n’atteignez pas pour l’instant ou un rêve de spectacle complet avec une scénographie, des costumes, de la lumière, une histoire…

Créer c’est d’abord rêver, puis transposer son rêve et son imaginaire dans le VIVANT. J’y revient toujours.

La scène, c’est parfois goûter à l’instant de « grâce »

J’essaie toujours de faire ce que je ne sais pas faire, c’est ainsi que j’espère apprendre à le faire.

PABLO PICASSO

En tout cas, si d’ores et déjà vous souhaitez continuer cette exploration et pour que cela alimente déjà vos prochains concerts :

Inspirez, respirez, expirez, profitez de tout, de votre musique, de vos chansons, des entre-morceaux en communiquant avec le public, soyez heureux, drôles, attentifs, précis, généreux ! Racontez lui vos histoires, racontez lui en musique, en parole, en image

Prenez cette place incroyable, allez au bout de votre rêve et assumez le.

Au moins vous, vous serez content(e) et le spectateur, celui dont le regard ou le jugement vous fait souvent si peur, dîtes vous qu’il est là pour rêver et pour passer une bonne soirée. Son but premier n’est pas de critiquer,  il veut être captivé

Alors faites les magiciens, et donnez lui ce qu’il est venu chercher : Un moment inoubliable, un moment de grâce.
Et en amont, travaillez sans relâche ce moment inoubliable avec humilité constance et audace.

Ce qu’on te reproche, cultive le, c’est toi !„ disait Jean Cocteau,

 j’y ajoute : La différence entre vous et un autre artiste, C’est Vous !

 

Que votre rentrée soit créative et bienheureuse !

Avec toute mon amitié,

francoise-fognini

Françoise Fognini

Artiste, aventurière de la création et coach de vie artistique. Ma vie professionnelle a des allures de patchwork créatif, que je colore depuis près de 30 ans dans le milieu culturel .

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Françoise Fognini

Artiste, aventurière de la création et coach de vie artistique. Ma vie professionnelle a des allures de patchwork créatif, que je colore depuis près de 30 ans dans le milieu culturel .

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TRIBU Modern Récital N°8 ENFANCE

ENFANCE

Poème de Francis Carco 

Musique Françoise Fognini

 

ENFANCE …Moi, Fille des bois

Je me souviens de l’odeur des lilas, des poiriers en fleurs, d’une après midi dans les arbres à manger des cerises bigarots noires de sucre et de soleil, tant et tant à m’en tenir le ventre toute la nuit. Gourmandise à califourchon sur les branches, un fruit chassant l’autre, plus gros, plus tendre, plus juteux. Les pendants d’oreilles écarlates, la joie sur les visages. A l’époque d’ailleurs, sur les étals, les cerises se vendaient en grappes. Aujourd’hui elles sont toutes orphelines…

Je me souviens de ce muret qui séparait Jean Charles, Laurence et Frédéric et nous. Ce muret entre les maisons, entre les saisons.
Je me souviens qu’ils vouvoyaient leurs parents. Et moi qui  trouvait cela tellement décalé. Le décors ne s’y prêtait pas; Ils vivaient dans une copropriété coquette mais pas de quoi se donner du « Maman s’il vous plait » à table
. Bourgeoisie Lyonnaise sur le retour, brise de petites filles modèles, vouvoiement sans robes de marquises …Aucun intéret à ce folklore daté : Le futur se vit toujours au présent.

Je me souviens de notre « chalet » de montagne, spartiate, deux wagons transformés en gite devant lequels s’étendait le plus beau champ du monde. Le champ de la liberté.

Au mois d’avril, les narcisses fleurissaient déjà en plaine. Là haut, il fallait attendre début juin pour assister à un spectacle d’une beauté à couper le souffle.

Je n’oublierai jamais cette impression d’immensité. Le champ jonché de Jonquilles, de narcisses sauvages et de ces gros boutons d’or dont j’ai oublié le nom.

Avec mes soeurs, nous courrions en riant dans ce champ maculé de fleurs jaunes et blanches, immergées dans le printemps par essence. Puis, avec ma mère, à la fin du dimanche, nous emportions avec nous un peu de cette orgie de pétales et de senteurs. Des brassées de fleurs, des bouquets d’un mètre d’envergure, un mal de tête tenace à la fin du trajet dans la voiture après avoir respiré une heure ces odeurs entêtantes.

Si la liberté a une odeur c’est celle ci

Si la beauté de la nature a un visage, c’est celui ci

S’il existe un Paradis perdu, il est quelque part en haut du Valromey au col de Richemont lieu dit le goley Rebi. Sans eau ni électricité, l’écho de la montagne pour compagnie, la nature, toute la nature, rien que la nature .

Aux heures chaudes, nous avions toujours peur de croiser un serpent, alors notre baton tapait la mesure dans les fourrés, précédant nos pas.

Je me souviens là haut, la ferme où nous prenions le pain. Ce pain de ménage à la croute brunie au feu de bois. Le pain qui se gardait toute une semaine dans un linge de coton. Je me souviens aussi du garçonnet qui gromelait plus qu’il ne parlait, qui voulait nous impressionner en nous montrant les lapins qu’ils prenait à pleines mains. Oh lapins,  fourrures si douce et nez fremissants. Je vous adorai lapins, lapins .

Je me souviens de la liberté quelques heures par semaine en dehors du regard des parents, des feux l’après midi dans les bois près de notre cabane improvisée. Le gout des patates sous la cendres, les cubes de gruyère fondus sur la braise, moi petite Robinsone des après midi de printemps. 

Je me souviens des hannetons dans mes cheveux, ces scarabés noirs et grassouillets que les beaux jours enfantaient. Ils s’accrochaient dans ma chevelure brune, et ça me faisait peur et c’était un peu dégoutant mais toujours, ils annonçaient par leur présence, les jours qui rallongeaient, les glaces au goûter de juin, les grandes vacances approchantes.  

 

Je me souviens de ma solitude, de ma détresse, du sentiment d’être si différente, de l’impression de n’être comprise, ni aimée par personne. De mon regard bleu gris vert qui en savait long. Trop de dureté, tant de beauté beaucoup, de rire déjà en antidote et une sorte de conscience instinctive en bandoulière.

Je me souviens de ma mère austère parfois, courageuse toujours, espiègle et légère aussi, seule pour élever ses enfants

Je me souviens de l’AVC de mon père ce soir de janvier il y a 40 ans, de sa maladie sournoise pendant vingt ans. Hémiplégie, Aphasie sans paroles. l’enfer-me-ment distillé.

Je me souviens avoir voulu partir sans pouvoir le faire.

Je me souviens que les arbres étaient mes abris et mes frères.

Je me souviens des jolies taupes mortes que ma mère chassait dans le jardin et les mottes qui remuaient le gazon.

Je me souviens de ces odeurs, des feuilles rousses, des châtaignes au feu, du meilleur repas les soirs après cueillette. Chocolat chaud crémeux dans lequel nous égrenions les fruits grillés encore chauds. A boire et à manger. Essayez c’est divin.

Je me souviens de ma petite soeur adorable à croquer et du « palon rouge pour DIDI  » qu’elle scandait à tue tête lors de l’achat de sa salopette rouge.

Je me souviens de ma Grande Soeur made in flower power, moitié Birking, moitié Beatles si belle dans sa robe kaki de dentelle.

Je me souviens de l’école, de mes chats, du piano, des kermesses, des baptêmes, de mes rêves, du théâtre. 

Je me souviens de… mes peines

Je me souviens de ces villages, de ces pierres, de ces jardins, de ces glycines et leur grappes mauves, lourdes et sensibles aux pérons des maisons cossues. La beauté des tonnelles, les chemins de pierre, la cathédrale, la messe et les oeuvres de Bach, Je me souviens d’avoir détesté certains de ces moments comme une peau immuable, comme je les chéris aujourd’hui.

Je me souviens de tout ce qui est important avec gratitude pour le meilleur et le moins bon.

Moi fille des bois, aujourd’hui , je vis en ville, la forêt vit en moi.

 

« De la plume de l’Amérindien à celle du poète, entrez dans le cercle infini du partage musical de TRIBU »

NOTE D’INTENTION DU PROJET
TRIBU Modern Récital est l’aboutissement phonographique de mon épopée poétique et musicale, débutée il y a 3 ans. Un répertoire de poèmes illustres que j’ai revisité et adapté avec mes compositions puis arrangé avec Paul Staicu pour la version chanson Piano Voix. Ce sont aujourd’hui donc 22 titres qui prendront leur envol au fil des mois dans un premier temps, via Soundcloud et Bandcamp. .J’ai, pour cette production désiré rester dans l’artisanat et la simplicité. Je produis ces opus avec le soutien précieux de ma TRIBU et j’expérimente aujourd’hui ce qui rentre en résonance avec mes convictions, une sorte de « filière bio musicale » avec un accès direct de la productrice aux consommateurs gourmets Le plus simple et le plus léger possible comme cette musique dans l’air de notre temps.. D’un point de vu artistique aussi, j’ai souhaité façonner au fil des mots une musique picturale, nomade et sensitive où l’harmonie, la simplicité et l’élégance couleraient de source, privilégiant plus que jamais ma TRIBU de coeur, d’art et de valeurs. Lorsque le geste « artistique » devient si simple alors même qu »il a été revisité tant de fois.. Toucher cette émotion pure est ce qui me semble être la beauté. Alors merci par avance de m’en donner des nouvelles, de vous abonner à Soundcloud ou nous suivre sur facebook , de partager à votre entourage ces poèmes à dire devenus des chansons à chanter, et notamment à vos enfants et adolescents qui les étudient dans leur scolarité et bien souvent ne les abordent que de façon trop scolaire… Bref si vous aimez cette musique et si cette musique vous fait du bien, alors faites en profiter votre entourage Avec toute notre gratitude.
ENFANCE / TEXTE DU POEME

Enfance Francis Carco (1886-1958) La bohème et mon cœur

Les persiennes ouvraient sur le grand jardin clair et, quand on se penchait pour se griser à l’air humide et pénétré de fraîcheurs matinales, un vertige inconnu montait à nos front pâles. 

Et nos cœurs se gonflaient comme un ruisseau grossi car c’était tout un vol de parfums adoucis. Dans l’éblouissement heureux de la lumière : les lilas avaient des langueurs particulières où se décomposait une odeur de terreau. Tout le printemps chantait l’éveil des oiseaux et, dans le déploiement des ailes engourdies passait le grand élan paisible de la vie.

Une rumeur sonore emplissait la maison. On en attendait des bruits d’insectes ; des frissons faisaient trembler les grappes mauves des glycines tandis qu’allégrement des collines voisines, un parfum de sous-bois arrivait jusqu’à nous.

Ô matin lumineux ! matins dorés et flous, je vous respirai plus tard à la croisée et vous aurez l’odeur des feuilles reposées et ce sera comme un très ancien rendez-vous.

Une immense brassée de merci
Paul Staïcu l’élégance artistique incarnée avec qui il est si fluide « d’être en musique », Clément Caratini  pour ses joyeuses clarinettes, les relevés, les rencontres, Patrice Caratini Pour son accueil si généreux et sympathique en résidence d’enregistrement dans son studio, Pierre Maidoproject pour son oud aux arabesques sucrées, sa passion du voyage au propre et au figuré, Joel Grare pour sa délicatesse de percussionniste Impressionniste, Daniel Mizrahi  pour ses guitares sexy- climatiques, Alban Sautour dit Cheval, notre carte (son) maitresse ! De la prise de son au mixage, pour son travail d’orfèvre et son acuité musicale hors du commun. Et enfin, cette immense gratitude que j’éprouve à l’égard de tous ces poètes qui m’inspirent, éclairent ma vie, mon âme de leur regard et leurs mots singuliers. Arthur Rimbaud, Guillaume Apollinaire, Boris Vian, Charles Baudelaire, Francis Carco, Paul Valéry, Paul Verlaine, Maurice Carême, Jean Cocteau, Anna de Noaïlles, Rosemonde Gérard, Robert Desnos, Molière.… J’espère avoir remis leur parole dans la respiration de notre époque pour vous donner un souffle de douceur

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🙊 Surprise ! ➔ Tu peux regarder en exclusivité le making off de TRIBU

Une Vie de Pianiste

 
C’est justement parce que j’aime ET le musicien ET la personne, que je vous parle de son super spectacle.
À voir absolument 😊 Une  vie de pianiste !
 Virtuose et Roumain, Paul nous parle de sa relation à la musique et de la notre aussi, en nous dévoilant SA vie de pianiste qui vaud le détour ! Tendre, drôle, éclectique, immensément Musical. 💝 💐 🎹
PS: Et ce n’est pas parce que j’ai la joie qu’il soit mon alter égo dans notre modern récital, que je vous dis ça bien sûr…❣️

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